En Afrique du Sud, les organisations qui se battent pour un accès équitable aux vaccins s’insurgent suite aux révélations d’un article du New York Times. Le quotidien a détaillé comment au moins 32 millions de doses de Johnson&Johnson conditionnées sur place, dans l’usine locale d’Aspen, ont été exportées vers l’Europe.

Avec la correspondante de RFI à Johannesburg, Claire Bargelès

L’entreprise Johnson&Johnson affirme avoir fait de son mieux pour donner la priorité à l’Afrique du Sud. Mais selon l’article du New York Times, le pays aurait été poussé à signer une clause ne lui permettant pas de bénéficier en priorité des doses produites sur son territoire.

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Ces doses ont notamment été exportées alors que l’Afrique du Sud se battait contre une troisième vague, ce qui rend la décision inacceptable pour Fatima Hassan, fondatrice de l’organisation Health Justice Initiative luttant pour une justice sanitaire : « Cela s’est passé ces derniers mois, lorsque l’Afrique du Sud avait vraiment besoin d’approvisionnement, notamment en doses de Johnson&Johnson. Grâce à leurs conditions de stockage, elles auraient pu être utilisées pour vacciner à grande échelle les zones rurales. »

Une « approche coloniale »

Alors que moins de 2% de la population africaine est vaccinée, c’est également une déception pour le reste du continent, selon Moses Mulumba, directeur du centre ougandais pour la santé, les droits de l’homme et le développement (CEHURD) : « Cette approche coloniale qui consiste à utiliser le sol africain pour permettre à d’autres continents de sortir de la crise n’est pas acceptable. Et on nous parle toujours de coopération entre pays du sud, mais cela ne vaut rien si on envoie les vaccins ailleurs. »

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